Trouver un emploi au Togo

Le marché du travail est très peu organisé au Togo. Il n’est pas en mesure d'absorber toute la population active à la recherche d'un emploi salarié, notamment les jeunes diplômés, d’où le développement de l’exode des compétences, du secteur informel et le sous-emploi.

Que nous dit le contexte ?

La problématique de l’emploi est commune à toutes les économies, à tous les continents et à tous les pays. Il est non seulement un facteur de croissance économique mais surtout un moyen de redistribution de revenus. Ce nouveau paradigme place l’emploi au cœur des stratégies de croissance économique et de lutte contre la pauvreté et en fait le principal baromètre de la vie sociale de tous les pays. Il importe que la problématique de l’emploi soit bien comprise comme étant une question et une préoccupation transversale nécessitant la fédération des énergies, afin de parvenir, en bout de chaîne, à la mise en œuvre d’actions élaborées sur une base consensuelle.

 

Problématique de l’emploi au Togo

Dans sa déclaration de politique générale, Son Excellence, Faure Essozimna GNASSINGBE, Président de la République du Togo et son Gouvernement, se sont engagés à donner corps à cette exigence au Togo. Cet engagement politique fort montre la détermination des hautes autorités du Togo à promouvoir une croissance économique inclusive.

La politique nationale de l’emploi est le fruit d'un processus de concertation et de dialogue avec toutes les parties prenantes, notamment, les acteurs gouvernementaux, les organisations d’employeurs, les syndicats de travailleurs, la société civile et les partenaires techniques et financiers.

 

Comment est organisé le marché du travail Togolais

Le marché du travail est très peu organisé au Togo. Il n’est pas en mesure d'absorber toute la population active à la recherche d'un emploi salarié, notamment les jeunes diplômés, d’où le développement de l’exode des compétences, du secteur informel et le sous-emploi. Cette situation conduit à l’exercice d’emplois précaires tels que la conduite de taxi-moto et la vente illicite de carburant. Le marché du travail formel, dominé à plus des deux tiers (environ 75,4 %) par le secteur public, rigide, peu compétitif, n’emploie qu’environ 9,7 % de la population active bien que les investisseurs privés ont tendance à recruter sur ce marché. Trois grands bassins nourrissent l’offre d’emploi au Togo. Il s’agit du secteur agricole, du secteur informel et du secteur moderne (public et privé).

 

Quel est donc le dispositif de promotion d’emplois au Togo ?

Le Gouvernement togolais a mis en place un dispositif opérationnel de gestion du marché du travail qui s’est traduit, entre autres par :

  • la mise en place d’un ministère en charge de l’emploi et un autre en charge de l’emploi des jeunes et l’opérationnalisation de l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE) en 2011 ;
  • la ratification de la convention 122 de l’OIT sur la politique de l’emploi en novembre 2011 ;
  • la ratification de la convention des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées en mars 2010 ;
  • la restructuration de l’Agence Nationale de Promotion et de Garantie de Financement des PME-PMI (ANPGF) ;
  • la Délégation à l’Organisation du Secteur Informel (DOSI).

Tous ces instruments et les institutions mises en place ont créé les conditions d’une meilleure gouvernance du marché du travail.

 

Mise en œuvre de projets et programmes d’insertion professionnelle

La mise en œuvre des projets et programmes a permis la pré-insertion ou l’insertion de plusieurs demandeurs d’emploi. Ainsi, depuis 2010, plusieurs initiatives sont entreprises en faveur des jeunes dont les plus probantes sont :

  •  le Programme de Promotion de Volontariat National (PROVONAT), un programme en phase pilote de 3 ans pour les jeunes de 18 à 35 ans, financé conjointement par le PNUD et l’Etat togolais. C’est un programme qui insère les jeunes dans des structures d’intérêt public (collectivités locales, ONG, associations, administration publique et parapublique et structures déconcentrées de l’Etat). Il vise à donner des compétences professionnelles aux jeunes sur une période allant d’un à cinq (5) ans. Il est prévu le déploiement de 3.000 jeunes au cours de la phase pilote ;
  • le Programme d’Appui à l’Insertion et au Développement de l’Embauche (AIDE) mis en œuvre en 2011 en vue de l’insertion de 3.000 jeunes chômeurs de 18 à 40 ans dans les entreprises privées ;
  • le Projet d’Appui à l’Insertion Professionnelle des Jeunes Artisans (PAIPJA) lancé en décembre 2010 vise la promotion de l’auto-emploi dans le domaine artisanal de 5.000 jeunes d’ici 5 ans ;
  • le Projet de Développement des filières des Plantes à Racines et à Tubercule (PRT) et le Projet de Soutien aux Activités Economiques de Groupements (PSAEG) constituant deux initiatives de promotion de l’emploi rural par le renforcement des capacités et la mise en place de fonds de garantie respectivement en faveur d’environ 500 groupements de jeunes, soit près de 5.000 bénéficiaires et de 2.250 groupements soit près de 24.020 bénéficiaires ;
  • le Programme des Plates-Formes Multifonctionnelles (PTFM) en cours d’expérimentation ;
  • le Programme de Développement Communautaire (PDC) dont le volet HIMO lancé en 2010 permettant la création en 2011 de près de 8.864 emplois temporaires et à terme, au bout des 3 ans, près de 25.000 emplois ;
  • le Programme d’insertion professionnelle par le biais des stages d’adaptation à la vie professionnelle organisé par le FNAFPP ;
  • le projet des communes du millénaire à Naki-Est et Koutouaré.

A cela s’ajoutent d’autres actions telles que : (i) le recrutement par la fonction publique de 4.750 agents en 2008 ; (ii) l’organisation de la semaine de l’emploi ; (iii) l’organisation biennale du forum de la jeunesse ; (iv) l’élaboration de la carte de potentialités d’emploi des femmes et des jeunes dans les préfectures et sous-préfectures du Togo en 2010.

Ces programmes d’intervention volontariste des pouvoirs publics sur le marché du travail témoignent de leur volonté d’apporter des solutions aux problèmes d’emplois rencontrés par la population et singulièrement par la jeunesse.

 

Quel Défis et Enjeux donc ?

Au-delà de ces acquis, le secteur de l’emploi reste toujours confronté à plusieurs défis qui méritent d’être relevés dont les principaux sont :

- un chômage de l’ordre de 6,5% au plan national, mais qui est principalement urbain (10,0% pour Lomé) en 2011 et surtout un sous-emploi massif estimé à 22,8% en 2011;

- un déséquilibre prononcé entre la demande et l’offre d’emploi (en guise d’exemple, 50.000 candidats au concours de la fonction publique en 2008 pour 4.750 postes à pourvoir) ;

- une faible coordination des actions d’emploi en faveur des jeunes ;

- une absence de visibilité du marché du travail pour aider à la prise de décision, du fait notamment de l’insuffisance du système d’informations sur l’emploi ;

- une structuration du cadre public de gestion des questions d’emploi qui a tardé à prendre forme ;

- des structures intervenant directement ou indirectement sur l’évolution de l’emploi qui ont également tardé à s’organiser ;

- des structures d’intervention directe sur l’emploi qui n’ont pas toujours été dotées en capacités humaines et en moyens d’action suffisants ;

- un environnement de la création d’emploi qui n’est pas porteur.

 

Plus d'informations:

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